Non au travail gratuit !

Non au travail gratuit !

Créatifs indépendants, agences de communication, chefs d’entreprise, étudiants…

Prenez le temps de lire cet article, et agissez maintenant contre les plates-formes de perverted crowdsourcing !

Ces plates-formes mettent nos métiers créatifs en danger, en incarnant à la fois un modèle de travail gratuit, une concurrence déloyale faite aux indépendants, studios de création et agences de communication, et enfin un appauvrissement de la qualité de la création.

 

Le « perverted crowdsourcing », c’est quoi ?

Une entreprise cliente fait appel à une plateforme dite « collaborative » ou « participative », qui se targue d’avoir à disposition un vivier de dizaines de milliers de « créatifs », évidemment tous plus brillants les uns que les autres.

Le client envoie à la plateforme son brief pour la création d’un logo, d’un site web, ou tout autre document de communication/marketing.
La plateforme l’envoie à son tour aux créatifs qu’elle gère, qui bien sûr sont libres d’y répondre ou non.

L’argument principal de ces plateformes consiste à promettre au client de recevoir des dizaines – voire des centaines – de propositions créatives, ce qui lui assure une très grande liberté de choix !

 

Pourquoi c’est mal ?

Dans ce système, un seul « créatif » sera payé au final pour son travail. Toutes les propositions non retenues ne seront pas rémunérées.

Indépendamment de savoir si tous ces « créatifs » opèrent dans un cadre légal (statut juridique valable, numéro SIRET…), il s’agit donc d’un travail gratuit pour tous les créatifs qui ne sont pas sélectionnés.

Pour comprendre l’absurdité et la perversité du système, il suffit de le transposer à d’autres corps de métier. Comme le montre par exemple l’excellent tumblr « Mon maçon était illustrateur » :

tumblr_inline_mmw9yf5njE1rmvx68

 

Chefs d’entreprise, vous êtes aussi concernés !

Au-delà des seuls professionnels de la communication, tous les chefs d’entreprises devraient condamner ces méthodes et boycotter ce système.

Car même s’il semble alléchant et flatteur, l’argument du choix des créations est un leurre.

En effet, pour éviter de perdre trop de temps à travailler, en prenant le risque de ne pas être payés, la stratégie des créatifs consistera à :

  • recycler à l’infini des propositions non retenues précédemment,
  • bâcler le travail pour aller vite, et ainsi espérer être rentable,
  • imiter de l’existant….

Il en sortira donc des créations non abouties, sans originalité, ne reflétant pas l’image ou les valeurs de votre entreprise, ou qui présenteront une forte impression de déjà vu, au risque de frôler (ou d’atteindre) la contrefaçon.

Au final, vous comprendrez vite que vos éléments de communication ne permettent pas de vous différencier de vos concurrents. Vous devrez donc recommencer. Mais entre-temps vous aurez perdu de l’argent, et un temps précieux pour développer la notoriété de votre entreprise…

 

Créatifs indépendants, résistez !

La concurrence, notamment sur les prix, on y est tous confrontés au quotidien, quel que soit notre métier. Mais travailler gratuitement, ce n’est plus de la concurrence : c’est de l’exploitation.

Car dans ce système pervers, les seuls qui gagnent vraiment de l’argent, ce sont ces plateformes et leurs dirigeants.

Pour vous, le temps passé à répondre aux briefs sera vraiment perdu pour rien. Ce temps, passez-le plutôt à assurer votre prospection clientèle.

Et si vous êtes fraîchement diplômé, que vous avez besoin de vous auto-former, de vous entraîner, de vous faire des références… Alors votre temps et vos compétences seront plus utiles si vous les mettez au service :

  • de projets personnels,
  • de la communauté (blog, réseaux sociaux, forums etc.),
  • de causes qui vous tiennent à cœur (associations culturelles, oeuvres humanitaires…),
  • de commerçants ou artisans proches de chez vous, qui auront besoin d’un coup de main pour développer leur com’, et avec qui vous pourrez facilement trouver des arrangements…

 

Envie d’agir concrètement ?

Je vous invite à lire cette lettre ouverte adressée à Axelle Lemaire (secrétaire d’État chargée du Numérique), Aurélie Filippetti (ministre de la Culture et de la Communication) et François Rebsamen (ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social).

Signez la pétition, relayez l’information dans vos réseaux sociaux, et dites non au travail gratuit !

Pour aller plus loin, voici un excellent article qui permet de parfaitement comprendre de quoi il s’agit, et quels sont les enjeux : Les plates-formes de crowdsourcing : “simple mise-en-concurrence”, “economie collaborative”, vraiment ?

Vous êtes allé au bout de cet article ? Alors vous avez bien mérité une petite vidéo qui résume parfaitement le problème (en Anglais) :

Share Button